J'avais entendu parler de Dantec et de ses prises de position pas forcément admises sur l’ex-Yougoslavie, la mondialisation, Jésus Christ, le Coran ou mieux encore et plus original ; le projet maçonique de séparer l'homme de Dieu - menfin on ne doit pas s'ennuyer en compagnie d'un tel garçon.
Maintenant je ne sais pas si Dantec a réellement pété les plombs ou manqué de respect envers telle ou telle croyance, et pour être honnête, il me semble que ce n'est pas si crucial ; je ne crois pas qu'il y ait un gros risque que son opinion change la face du monde.
Mais bon tout ça pour dire ; qu'il soit pédé, transexuel, catho, de gauche de droite, mysogine, homophobe etc.. Je m'en tape à vrai dire.
Tout ce que je sais c'est que lorsque j'ai refermé "Les racines du mal" j'étais en quelque sorte.. un peu déprimée ; J'ai eu tellement de mal à le lâcher.
Pourtant ce n'était pas gagné parce que j'ai abordé Dantec par "Cosmos Incorporated", et très franchement, j'ai entrave queue dalle. Enfin si un peu quand même, avec un certain effort de
concentration.
Mais j'ai quand même laché au milieu.
Pour en revenir aux racines du mal, ca fait plaisir un roman aussi riche qui allie le policier, au thriller, à la science fiction, et tout ça sans lasser ou donner du mal une seconde.
C'est d'une fluidité, c'est énorme.
Malgré quelques passages très dur (passage du "livre noir") et que je n'ai lu qu'en diagonale parce que trop c'est trop, rien n'a cloché dans ce thriller.
Tout était parfait , la narration, l'histoire, les personnages, le rythme, tout.
J'ai appris récemment que ce bouquin avait remporté le Grand Prix 1996 de l'Imaginaire. Ce n'est que justice parce que l'histoire est terrible.
En gros le roman débute par l'histoire d'Andreas Schaltzmann, schizophrène meurtrier luttant contre les forces du mal et contraint de tuer pour se
protéger.
L'histoire d'Andreas nous est racontée depuis la tête d'Andreas lui-même ; on perçoit sa vision terrifiante du monde depuis son cerveau.
On est Andreas Schaltzmann. Ce qui bien entendu finit par nous le rendre presque symphatique ; proximité et empathie obligent.
Puis un assassin est arrêté et c'est alors que l'on fait connaissance avec les 2 autres héros : un cogniticien (Darquandier) et sa machine ; la neuroprogrammatrice.
Une machine capable, à partir de données telles que récits, témoignages, portraits psychologiques, etc.. d'inventer les réactions les plus probables des individus. Trop fort :-)
C'est ainsi que la neuromatrice détecte que plusieurs meurtres ne relèvent probablement pas de Schaltzmann.
Et en effet, on découvre au fil des pages un réseau autrement plus raffiné et organisé dans le meurtre, que celui de Schaltzmann.
Darquandier mène l'enquête et nous entraine dans les couloirs sombres d'une société inquiétante où les personnages les plus brillants mettent leur intelligence au service du mal au travers de
jeux diaboliques.
On est aussi intéressés à beaucoup de choses dans ce bouquin ; on sent que l'auteur s'est documenté et qu'il sait de quoi il parle.
Un excellent thriller, si bien que j'ai enchainé sur "La sirène rouge". Je n'ai pas été déçue là non plus, et bien que le rythme soit aussi enlevé et la lecture aussi agréable, il ne surpasse pas "Les racines du mal".. Tout en étant bien meilleur que pléthore de bouquins policiers - il faut rendre à Dantec ce qui appartient au genre policier.
Maintenant j'attends la rentrée et son nouvel opus, en espérant que Dantec ne se soit pas trop paumé dans les méandres d'une imagination que j'ai eu du mal à suivre, comme par exemple dans "Cosmos Incorporated".